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Le projet Bellara

 

 

 

 

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ZONES D’OMBRE À JIJEL. Une vie d’un autre âge

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Des populations entières sont abandonnées à un destin précaire, sans eau, ni électricité, ni routes, ni couverture sanitaire, ni moyens de subsistance. En haute montagne, la vie est  encore à son stade rudimentaire.

Les zones d’ombre à Jijel, car c’est de ces régions laissées pour compte qu’il s’agit, sont au cœur d’un ambitieux programme de développement à mettre en place et à exécuter dans les meilleurs délais. Or il semble que pour le moment il ne s’agit que d’un recensement de ces zones, éparpillées aux quatre coins de la wilaya, notamment dans les régions les plus enclavées du sud.

 

Ceci dit, au-delà des circonstances qui ont fait que ces zones sont délaissées depuis l’indépendance, c’est surtout le contexte exceptionnel qu’elles ont vécu lors de la période de lutte antiterroriste et le grand exil qu’elles ont connu qui les a davantage plongées dans l’oubli. La relance de la vie dans ces zones passe par l’urgence de la mise en place d’un véritable “plan Marshall”, pour reprendre la formule de certains initiés aux conditions d’isolement et de marginalisation de ces contrées à désenclaver. 

De l’extrême sud-est à l’extrême sud-ouest dans toute la zone reliant les deux extrémités de la partie sud de la wilaya de Jijel, la situation est telle qu’elle appelle à l’urgence. Des populations entières sont abandonnées à un destin précaire. Sans eau, ni électricité, ni routes, ni couverture sanitaire, ni moyens de subsistance.

En haute montagne, la vie est encore à son stade rudimentaire. Le désenclavement est le principal souci des habitants des contrées montagneuses, abandonnées à un isolement des plus durs. “Jijel aurait pu bénéficier d’un plan de réhabilitation spécial au titre des dommages qu’elle a subis lors de la tragédie nationale de lutte antiterroriste”, assène-t-on très souvent à l’évocation de la situation dans ces régions.

C’est ici, dans ces contrées, que la vie a cessé d’exister lors de cette période qui a été fatale pour des populations entières. Tout a été détruit. Réseau électrique, routes, infrastructures scolaires et sanitaires tout au long d’une décennie qui garde encore les stigmates de la fuite en catastrophe des populations de ces zones, qu’on prévoit aujourd’hui de sortir de l’ombre.

Encore faudrait-il rappeler que ces zones ont pour ancrage les zones montagneuses et rurales enclavées d’Oueld Rabah, Erraguène, Beni Yadjis, El-Milia, Taher, Bordj T’har, Ghebala, Chahna, Ouled Asker, Belhadef, Texenna, Chekfa, pour ne citer que ces communes dans une wilaya qui en compte 28, toutes confrontées à des problèmes de cette nature à résoudre et à prendre en charge dans les meilleurs délais, dans le sillage de cette politique nouvellement prônée par les pouvoirs publics.

Il faut dire que des simples quartiers à raccorder à l’eau et au gaz en passant par des localités à doter d’un réseau de routes jusqu’à ces contrées totalement abandonnées au milieu d’un monde rural hostile, les besoins en matière de développement à Jijel nécessitent des dotations financières importantes pour ne pas dire exceptionnellement élevées.

Les montants octroyés en 2018, dans le cadre d’un programme de réhabilitation de 1400 milliards de centimes qui peinent d’ailleurs à être investis, s’avèrent insuffisants pour répondre à tous les besoins en matière de développement, même s’ils ont touché des opérations de réhabilitation des routes, des infrastructures scolaires, de santé, d’AEP et d’assainissement.

Autant dire qu’un grand effort reste encore à consentir pour ressusciter la vie dans les zones délaissées. Des mechtas entières et des localités enclavées attendent toujours leur part de ces programmes de réhabilitation des zones d’ombre.

“Nous n’avons bénéficié de rien, nous attendons la concrétisation de ces programmes”, a lancé un habitant d’une région enclavée, à Settara, à l’adresse du wali. Celui-ci, à chacune de ses sorties, fait face à la même doléance, non sans se rendre compte de l’ampleur des dégâts à réparer dans ces zones. Ghebala, à l’extrême sud-est de la wilaya, est l’une des régions les plus éprouvées par un grand retard en matière de développement à rattraper.

Le P/APC s’exprime et s’interroge sur les critères de sélection des zones d’ombre. “Nous avons soumis une liste de ces zones à la wilaya, et nous avons été surpris par l’élimination de plusieurs localités de ce que nous avons proposé. On ne sait pas sur quelle base on sélectionne ces zones”, s’est-il interrogé, non sans préciser que “pour le moment, il n’y a rien de concret pour lancer des programmes dans ces zones”.

Notre interlocuteur note, par ailleurs, avec dépit que 6 zones d’ombre n’ont pas été classées en tant que telle, et précise que seulement 8 sur les 14 proposées ont été retenues. “Nous avons encore plusieurs localités vivant dans le dénuement le plus total, qui ne sont reliées à aucun réseau, ni électrique, ni de routes, ni d’eau. Nous avons besoin d’un plan de désenclavement qui reste une priorité pour nous”, souligne encore ce responsable local dans l’une des régions les plus en retard en matière de développement à Jijel.

Même son de cloche à Ouled Yahia, une commune à vocation rurale, qui a recensé une vingtaine de zones d’ombre, mais seulement 9 ont été retenues. “On nous a débloqué des montants pour des projets d’assainissement pour 4 localités, mais l’urgence, c’est l’aménagement des routes, car le désenclavement, c’est la priorité des habitants”, réagit le P/APC. Plus à l’ouest, c’est Aïn Lebna, El-Marsaa et Lakrarta qui attendent leur tour de désenclavement à Erraguène.

Au pied des monts Babors, la vie tente cependant de reprendre ses droits, même si elle bute encore sur les contraintes rencontrées ailleurs, à savoir l’absence d’un consistant programme de développement. Plus à l’est, à plus d’une dizaine de kilomètres, c’est Selma Ben Ziada, l’autre commune qui panse encore ses blessures héritées de la tragédie nationale et qui attend d’être secourue dans le sillage de ce programme spécial des zones d’ombre. 

Dénuement et précarité
Ne comptant plus que quelque 1200 habitants selon les responsables locaux, cette commune est loin d’oublier cet épisode. Ses habitants l’ont quittée, mais certains tentent de revenir. “Mais de quelle manière ? Faute des plus simples commodités permettant de les encourager à reprendre le chemin inverse de leur exil, ça ne sera pas facile ?”, affirme-t-on dans cette commune montagneuse.

C’est là la grande interrogation soulevée avec insistance à chaque fois que la possibilité du retour est évoquée. L’équation à résoudre porte sur le lancement des projets de développement, à savoir l’électrification et l’ouverture des routes, qui reste la priorité des habitants ou le retour de ces derniers pour ensuite entamer le lancement de ces projets.

“On ne peut pas investir dans des zones non habitées, il faut que les gens reviennent d’abord, car toute opération dépend d’un budget à débloquer, et il est inconcevable de dépenser de l’argent dans des endroits où il n’y pas âme qui vive”, soutenait il y a quelques années un directeur exécutif face aux doléances des populations de cette commune, à l’occasion de la visite du wali de l’époque à cette région.

À leur tour, les populations insistent sur un effort que l’État doit engager pour les aider à revenir dans les localités qu’elles ont désertées. “Le retour et la fixation des populations passe par le lancement des projets de développement dans les régions abandonnées”, clame-t-on dans ces contrées désertées. 

Entre les arguments des uns et des autres, le prix à payer reste ce montant colossal à réserver pour ressusciter la vie dans ces communes, jadis paisibles et peuplées de gens qui vivaient dignement, loin des taudis qu’ils occupent actuellement dans les villes.

De l’avis des initiés à cette situation dans les zones à repeupler, le retour à la situation d’avant l’exil massif des populations reste un objectif difficile à atteindre. À défaut de ce retour, la possibilité qui s’offre reste la fixation des populations qui sont restées accrochées à la terre de leurs ancêtres par le lancement de projets de développement à même d’encourager d’autres à revenir.

La nouvelle politique des zones d’ombre à prendre en charge tombe à point nommé pour redonner vie à ces régions vivant dans le dénuement et la précarité. C’est là où réside tout le pari des autorités du pays, conscientes de ce grand défi à relever en plein tarissement des ressources financières dû à la chute des revenus pétroliers.Le P/APC de Ziama Mansouriah, au nord-ouest, reste cependant sceptique quant à l’éventualité d’un retour des populations dans les zones abandonnées.

“C’est improbable, ils se sont installés en ville pour ne plus revenir. Ils ont déposé des dossiers de logements à Ziama, ils ne comptent pas revenir”, affirme-t-il, tout en soulignant que les zones d’ombre telles que définies n’existent pas dans sa commune. “Les habitants des zones rurales ont tout ce qu’il faut, c’est le cas de Cherea qui a déjà bénéficié de la réalisation d’un projet d’AEP de 14 milliards et d’une route entièrement aménagée”, précise-t-il.

Et de soutenir que le problème se pose autrement pour les zones abandonnées durant la décennie du terrorisme, qui restent à réhabiliter par d’autres programmes tout en insistant sur le fait que le retour des populations à ces régions reste incertain. “Les gens veulent habiter la ville et garder un pied à terre dans les régions qu’ils ont quittées, n’est-ce pas que c’est paradoxal qu’ils continuent à revendiquer des programmes de développement dans des localités qu’ils n’habitent plus ?” s’interroge-t-il. 

Reportage réalisé par : AMOR ZOUIKRI

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