Autres temps, autres mœurs : Il était une fois l’époque faste de l’agriculture

En ces temps de crise de la mercuriale, beaucoup se rappellent de ces produits phares de l’agriculture algérienne que le commun des consommateurs s’offrait à des prix très abordables.

«C’était quand on n’importait pas, mais qu’on mangeait de ce qu’on produisait», regrette un ancien agriculteur. Le comble est qu’aujourd’hui, on regrette ces temps où le fellah inondait les marchés en fruits et légumes si divers et variés, produits dans les anciens domaines agricoles socialistes (DAS). «On produisait des fruits, des légumes, du lait et ses dérivés, de la viande aussi, du miel et de l’huile d’olive, on vivait comme des rois dans notre domaine et à moindre coût.

D’ailleurs, tout le monde gouttait à notre production; c’était l’époque faste de l’agriculture», se rappelle le même interlocuteur. Avant leur disparition, ces DAS étaient un exemple du labeur du fellah durant les années 1970/1980.

A titre illustratif, on se rappelle avec amertume que dans la commune de Settara, une seule DAS arrivait à inonder tout l’Est algérien en agrumes et toutes sortes de fruits et légumes. Mais, où est passé donc cette production ? Quel sort a-t-on réservé à ces DAS, remplacés par les exploitations agricoles collectives et individuelles (EAC et EAI) ? Pour répondre à ces questions, il suffit de faire un tour dans ces ex-fermes dans la wilaya de Jijel, où il n’y a plus qu’un vague souvenir de ce paradis perdu des champs d’agrumes et des plaines qui avaient pour vocation la culture de divers produits maraichers.

Les vacheries et ces étables d’élevage bovin, produisant du lait en qualité et quantité, ne sont plus que des carcasses en tuile tombées en ruine. L’invasion du béton sur les terres de ces domaines et l’abandon de l’activité paysanne a eu raison de ce paradis agricole.  De nos jours, il n’est plus, d’ailleurs, étonnant de croiser des fellahs se bousculant dans les marchés pour s’offrir des produits que jadis leurs aînés produisaient et à profusion.

Adam S.