Le développement de l’écotourisme passe par la prise de conscience des riverains

Le développement de l’écotourisme est "tributaire de la prise de conscience des riverains et des acteurs impliqués dans le secteur du tourisme", a déclaré un expert, hier à Jijel, lors d’un atelier consacré à la promotion de l’écotourisme. Intervenant à l’ouverture des travaux de cette rencontre, initiée par le Parc national de Taza (PNT), cet expert français, Axel Frick, président de l’association "Citoyens de la Terre", basée à Marseille, a affirmé que la promotion de ce "volet important pour l’économie rurale" passe par "une prise de conscience effective aussi bien des riverains que des acteurs impliqués directement ou indirectement dans le secteur touristique". L’atelier a pour objectif de susciter un débat entre les équipes du PNT, des professionnels du tourisme d’autres acteurs institutionnels, dans l’optique de promouvoir et de développer l’écotourisme, en préservant et en valorisant la diversité du patrimoine naturel et culturel, tout en promouvant une "économie responsable et solidaire sur les territoires". 

Cette rencontre, ouverte par le directeur du Parc national de Taza, Hacène Kadour, a pris pour exemple la mechta de Chréa, relevant de la commune côtière de Ziama-Mansouriah, incluse dans le périmètre du parc. Cette localité, une aire marine protégée (AMP), a été retenue comme site-pilote, eu égard aux atouts, à la richesse et à la diversité de ses potentialités artisanales, agricoles et culinaires, a-t-on indiqué. L’autre objectif visé par les organisateurs de cette manifestation est de faire revivre et de valoriser les activités et les potentialités locales avec, en arrière-plan, la préservation de la nature dans le cadre de la promotion du tourisme rural et le développement socio-économique durable, a-t-on souligné. La stratégie d’"éco développement", la création d’une maison du terroir, la valorisation des produits locaux, la définition de circuits touristiques, le rôle des professionnels du tourisme, des exemples de quelques localités du Sud, (à l’image de Béni Izguène, à Ghardaïa) et du Nord du pays (Tizi-Ouzou), ont été évoqués lors des débats organisés en présence de représentants du PNT, de l’université Mohamed-Seddik Benyahia, de tour-opérateurs et d’une délégation constituée de quatre experts étrangers venus de France et d’Italie. Les participants ont plaidé en faveur de la promotion du tourisme rural dans la région de Jijel où cette activité reste encore concentrée sur le littoral et pendant la saison estivale uniquement. Une tendance qu’il faut "inverser", a-t-on estimé. Dans cette optique, le PNT projette d’organiser, en mai prochain, des "Journées du terroir" près des Grottes Merveilleuses de Ziama Mansouriah qui connaissent un flux important de touristes et d’estivants. Cette manifestation permettra notamment de faire connaître les potentialités, les richesses et la diversité des localités rurales et montagneuses de Jijel dans les domaines de l’artisanat et de l’art culinaire traditionnel qui ont survécu, malgré les aléas du temps. Cet atelier qui se poursuivra jusqu’à mercredi prochain, sera aussi marqué par des rencontres techniques avec les porteurs de projets et plusieurs partenaires dont des pêcheurs de Ziama Mansouriah, d’El Aouana et de Jijel. odejjijel.org

L’Est Républicain 23/02/2015 Par Abdelhamid ZOAUD de l’APS