Billet matinal...Dans la tourmente du temps

Dans la tourmente du temps: L'esprit éploré et les pensées confuses

Bien des jours et des mois, et aussi tant d'années sont passées, et continuent encore de passer. Il a été un temps dont les jours avaient l'aspect fleuri et sonnaient d'une musique suggérant l'espoir d'autres jours à venir. Entrevus et souhaités encore meilleurs. Il y avait la fraîcheur de la jeunesse et aussi les amis formant le cadre de la vie .../ 

La nature était belle et florissante. Les oiseaux peuplaient un ciel luisant de clarté. Sa voûte, bleu pervenche, était de temps à autre effilochée de fins nuages blancs, s'étirant en des filaments. La mer était là aussi. S'étendant à l'infini, jusqu'à l'horizon, au point où le ciel et la mer se rejoignent. On ne discernait l'un et l'autre que par la nuance de leur bleu. Le rivage est constitué de plages couvertes de sable d'or, et couraient tout en long, en une large bande battue par le ressac de la mer.

Des plages étirant à perte de vue vers le levant. A l'opposé, du côté du couchant, il y avait les courbes et les pointes de tous ces rochers. Brillants sous l'effet du flux et du reflux. Les vagues venaient s'y abattre dans d'éclaboussants nuages humides de mousse blanche toute pétillante. Parmi la chaîne des rochers, il en est qui sont couverts d'un tapis de mousse marine, d'un beau vert végétal, fixé sur leur sommet arrondis et s'accrochant encore le long de leurs parois.

La ville était paisible. Le silence régnait partout. L'air était doux, légèrement humide et sentait les effluves marins. Peut-être bien que sa légère humidité le rendait cristallin mais on n'y prenait garde de ce détail. Les rues étaient presque désertes car les passants étaient rares. Les arbres étaient partout, alignés des deux côtés des rues. Leurs branchages se rejoignaient de part et d'autre, formant la voûte d'un long tunnel couvert par un feuillage tout de vert clair.

Au cours des étés chauds, il s'en dégageait une agréable fraîcheur appréciée de tous. Nous étions jeunes et débordant de vie. On enregistrait inconsciemment les évènements qui nous entouraient. Encore insouciants à ces derniers, parce qu'on n'arrivaient pas parfaitement à mesurer ce qu'ils pouvaient véhiculer de drames sourds, qui échappaient à notre compréhension du moment.

La vie s'écoulait, en apparence sereine pour nous. Les études étaient la principale occupation de la journée. On était si heureux d'apprendre. Nous étions nés et avions grandi dans un environnement qu'on considérait normal à l'époque. La misère et les privations étaient notre lot au quotidien. On ne pouvait espérer mieux du fait que même cette misère nous ne savions la quantifier. Par absence de références. Cependant, il y avait les Français, et il y avait nous. Cette différence, on savait la faire. Ils paraissaient mieux vivre que nous mais on estimait que les choses ne pouvaient être autrement.

On se satisfaisait de notre condition en considérant normal le train et le mode de vie des Français. Peut-être même que l'on n'éprouvait aucune jalousie ni même des envies. C'était tout simplement deux mondes différents, chacun avec ses normes admises. Le fait notable est qu'il y avait du respect entre les citoyens de ces deux mondes. De la convivialité même, et donc de la compréhension. C'était du moins notre sentiment à l'époque.

Et puis, alors que nous n'en étions qu'à la moitié de notre jeunesse, en quelques jours, tout avait basculé de cette belle ambiance. Les évènements s'étaient mis à se précipiter violemment. Il y eu tant de bouleversements et des drames. Qu'il nous avait été donné de vivre malgré nous. Tout, des évènements qui se déroulaient ailleurs et avant, était en train de se résumer en un sombre épilogue. Nous étions déroutés et aussi angoissés. L'incertitude avait commencé à se frayer un passage dans note conscient. Les choses changeaient rapidement, a vu d'œil. L'atmosphère, subitement, était devenue pesante. Des questions fusaient dans les esprits. Des visages étaient étrangement graves. D'autres semblaient jubiler.

Et puis il y eu une explosion d'allégresse. Tout le monde était de la fête. Une fête dont la lourde facture n'allait pas tarder à être présentée à tous. Des deux mondes en coexistence, désormais, il n'en allait plus rester qu'un seul. Un monde dont on n'allait pas tarder à mesurer l'amer réalité. Au début, chacun pensait à un nouveau départ. Un commencement d'une nouvelle vie. Il n'en fut rien. Il n'y eu ni commencement ni recommencement mais une sorte de continuité vécue autrement.

Contrairement à toute attente, ce fut un nouveau joug qui commença à remplacer un autre. Qui s'installait subrepticement. Lentement mais sûrement. Menaçant. Porteur de tous les maléfices. Réducteur et malfaisant. Aux sombres prémices. Engendrant la peur, l'incertitude et tant d'angoisses. Il y eu un renversement de situation et une remise en cause de nobles idéaux. Il y a eu ce sentiment d'emprisonnement. Une sorte de punition pour tous. En somme, une trahison qui ne voulait pas avouer son nom.

Ce fut comme la rupture brutale entre deux amants, en mal de fidélité. L'un doutant de l'autre et s'en méfiant, au point de le haïr. Il fut cette totale rupture accompagnée de déchirements. Dès lors, il n'a plus été ces demeures au grillage chargé de roses. Des tôles galvanisées avaient tout remplacé. Et les jardins saccagés. Les mentalités étaient devenues tout autres. Brutes et revêches. Hargneuses et revanchardes. Décalées dans le temps. Rétives à toute forme d'adaptation.

Tant d'années avaient encore passées. Le temps avait opéré son œuvre. La jeunesse, lentement, se fanait. Creusait des rides sur les visages. Les transformant. Les visages naguère souriants avaient perdu de leur charme. Vieillissant et consommés par l'usure. L'amertume n'en creusait pas moins ses propres sillons indélébiles dans les esprits torturés. Les cœurs auparavant battant d'espoir s'étaient flétris à leur tour. Les gens s'en mortifiaient. A présent, les jours passent en un triste défilement. Identiques et sans relief.

Des jours lourds de vaines promesses et d'autant de confusion. Et la décrépitude de tout effriter pour tout voir s'écrouler. Le désespoir n'en finissant pas non plus de mordre à son tour. Chacun d'avoir alors l'esprit éploré et les pensées confuses. Après avoir subi tant d'avanies et d'éprouvantes tensions ressenties tout au long d'une vie menée avec tous ses travers. En désespoir de cause, déprimé pour avoir été ainsi tant ballotté, chacun n'ayant plus d'autre attente qu'espérer encore, contre toute vaine attente, que se produise un miracle apportant des jours meilleurs.

NoureddineBoussdira.jijel.info

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