Drifa Ben M'hidi- Le porte-flambeau d'une famille de martyrs

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Parlons histoire: De la famille d'un héros de la révolution Algérienne; Larbi Ben M'hidi. Le martyrs a été arrêté le 23 février 1957 par les parachutistes (la direction de la ZAA passe alors à son adjoint Yacef Saâdi, responsable militaire) ; refusant de parler sous la torture, il a été assassiné par un groupe de soldats français aux ordres du futur général Paul Aussaresses, dans la nuit du 3 au 4 mars 1957.

Ce qu'il faut savoir aussi, la maman de Ben Mhidi, avait perdu un deuxième fils durant la guerre d’Algérie. La mère des deux Chahids avait dit ceci aux Responsables Algériens après l'indépendance qui voulaient lui offrir ce qui lui revient de droit en tant que mère de Chouhada . Elle n'a rien voulu prendre. Elle avait dit :
<< La France m'a pris mes deux yeux. Préservez l'Algérie pour que le sacrifice de mes fils ne soit pas vain'», poursuit notre interlocutrice. >>... Voyons cette page d'histoire ici: Drifa Ben M'hidi-Hassani. Le porte-flambeau d'une famille de martyrs... BONNE JOURNEE...Intervalles nuageux

Drifa Ben M'hidi illustre la participation des enfants à la Guerre de libération nationale. Elle a transporté, pendant des années, dans son cartable de collégienne, les échanges épistolaires entre acteurs importants de la Révolution, dont Mourad Didouche, et aussi des armes. Elle est aussi la sœur benjamine de deux chahids, Larbi et Mohamed-Tahar, et la veuve d'un moudjahid, Abdelkrim Hassani.
En 1952, elle est témoin des réunions clandestines, dans la maison familiale des Ben M'hidi à Constantine, de cinq leaders de la Révolution, Mourad Didouche, Mustapha Ben Boulaïd, Rabah Bitat, Mohamed Boudiaf et son frère Larbi, qui préparaient le déclenchement de la lutte armée. Elle avait à peine 13 ans. L'adolescente est, pourtant, mise à contribution pour transporter des lettres, des documents et parfois même une arme, dans son cartable de collégienne. Elle recevait les instructions directement de Mourad Didouche, qui lui recommandait, à chaque tâche qui lui est confiée, la prudence, car «la moindre erreur serait fatale à la cause», rapporte-t-elle en reprenant ses propres paroles. A l'époque, l'occupant français ne se doutait pas encore que des femmes et des enfants pouvaient participer à des faits de guerre. Ce qui donnait une certaine suprématie aux têtes pensantes de la Révolution. 60 ans après, Mme Ben M'hidi se rappelle ses missions. «Une fois, je devais le rencontrer (Mourad Didouche, ndlr) dans un bar pour lui remettre un révolver. Quand je suis arrivée, il m'a fait non de la tête, signe que je ne devais pas l'approcher, car il était suivi. J'ai dit au Français qui m'a demandé ce que je faisais là que je cherchais mon père habitué des lieux.» Elle continua à servir de porteuse d'armes et des échanges épistolaires jusqu'à 1954. Elle se souvient qu'à la veille du 1er Novembre, les «frères» se sont rencontrés une énième fois chez les Ben M'hidi, pour fixer une date pour le début de la révolution. Peu avant l'échéance, Larbi Ben M'hidi est parti passer quelques jours dans la résidence d'été de la famille à Biskra. A la fin de son séjour, il a fait ses adieux à ses parents, comme s'il savait qu'il ne les reverrait jamais. Ce fut effectivement le cas. «Mon père est décédé peu après avoir appris, par les médias, que son fils s'était pendu dans sa cellule», indique sa sœur. Elle, par contre, était persuadée que la thèse du suicide est trompeuse. «Ce n'était pas le genre de mon frère», affirme-t-elle. Le temps et surtout sa détermination à rétablir la vérité sur les circonstances de cette mort lui donneront raison. En l'an 2000, le général Bigeard, qu'elle a rencontré à Paris, lui raconte son dernier tête-à-tête avec son frère. En 2002, le général Aussaresses fait des aveux tardifs et confirme que Larbi Ben M'hidi ne s'est pas donné la mort, tel qu'il a été diffusé par le canal officiel à l'époque, mais torturé puis pendu.
Drifa veut aussi que le martyre de son autre frère, Mohamed-Tahar, mort les armes à la main à l'âge de 24 ans, soit glorifié ainsi que celui de centaines de milliers d'anonymes qui ont payé de leur vie le prix de l'indépendance du pays.
Personne, à l'exception de son futur mari Abdelkrim Hassani, de Ali Kafi et de Lamine Khène ne savait pour sa mort. «Nous avions reçu des consignes pour ne pas en parler», relate notre hôtesse. A l'indépendance, à son retour du Maroc, où elle s'est réfugiée en 1961, la mère des Ben M'hidi rentre au pays, en pensant trouver son jeune fils Tahar l'attendre à l'aéroport. Elle est accueillie par son gendre, Abdelkrim. «En arrivant chez moi, elle a immédiatement posé la question : ‘Pourquoi Tahar n'est pas venu m'attendre ? ‘ Je lui ai répondu : ‘Il est parti là où est Larbi'. Elle est restée trois jours sans manger et sans boire», rapporte Mme Hassani. «Une fois, le ministre des Moudjahidine, Djelloul Bekhti Nemiche (de janvier 1984 à février 1986 dans le gouvernement de Abdelhamid Brahimi, ndlr), voulait lui donner ses droits en tant que mère de chouhada. Elle n'a rien voulu prendre. Elle lui a dit : ‘La France m'a pris mes deux yeux. Préservez l'Algérie pour que le sacrifice de mes fils ne soit pas vain'», poursuit notre interlocutrice.
Drifa Ben M'hidi et son époux Abdelkrim Hassani, décédé en novembre 2010, ont consacré des années à témoigner de leur participation à la guerre de libération, mais aussi à entretenir la mémoire de Larbi Ben M'hidi. Ils n'ont eu de cesse de réclamer, lors de leurs innombrables conférences publiques, la repentance de la France pour les crimes de guerre qu'elle a commis en Algérie.

Proposé par: Hocine Baouche USA

Avec memoria.dz Soulef BISKRI

Commentaires   

saladin
# saladin 05-03-2017 06:37

Larbi Ben M’Hidi : l’homme qui a fait trembler la France
Du crime d’état au silence d’état.


Tel est l’article de l’historien Abdelmadjid Merdaci paru sur ce lien:

www.lexpressiondz.com/actualite/261640-du-crime-d-etat-au-silence-d-etat.html

Un parcours édifiant d’un héro algérien hors pair.
Drifa dénonce le peu de considération accordée à la commémoration de la disparition de son frère Larbi.
Il est plus certain que le Zapata algérien mérite les plus grands hommages.
Le faire connaitre aux générations montantes ne peut que les inspirer, dans l’amour de la patrie et le peuple, dans le sérieux, l’intégrité et le courage.
Les hommes de la trempe de Si Larbi ne meurent jamais parce qu’ils seront toujours, dans les cœurs de ceux qui savent leur valeur.

Gloire aux martyrs.
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fly1
# fly1 04-03-2017 10:54
Si Larbi Ben M'hidi serait parmi nous , il prendrait certainement les armes , et les premiers à abattre ce ne serait pas la France , mais plutôt ces pseudos "anciens maquisards" et leur progeniture , qui sont respobsable de tous les maux de l'algerie , qui l'ont vidée de son sang , exsangue !
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Foughali
# Foughali 05-03-2017 02:26
Salut Fly
S'il revenait parmi nous, Larbi Ben M'hidii serait capable de retourner l'arme contre lui même pour se punir....
Oui, se punir d'avoir été naîf au point de croire que l'algérien mérite qu'on se sacrifie pour le libérer ....
Loin de moi idée de traiter un tel homme de naïf, c'est juste pour illustrer mon propos.....
Heureusement qu'il y a eu beaucoup de gens de la trempe de Ben M'hidi pour croire au bien fondé de la révolution ...,,et qui ont payé de leur vie ....
Le citoyen algérien à changé et les repères ne sont plus là où ils se trouvaient il y a 1/2 siècle ....
Bonne soirée
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MedSouilah
# MedSouilah 04-03-2017 07:29
La mort de Ben M'Hidi selon le général Aussaresses "NOUS AVONS EMPOIGNÉ BEN M'HIDI ET NOUS L'AVONS PENDU"
JEUDI, 3 MAI, 2001
L'HUMANITÉ
) " Un matin je me suis rendu au PC de Bigeard, à El Biar, pour rencontrer Ben M'Hidi (...). L'atmosphère se voulait très détendue, mais Bigeard était nerveux. Il savait qu'il devait me convaincre que Ben M'Hidi était prêt à collaborer. Ça n'avait aucun sens puisque les ordres étaient de liquider les chefs du FLN et que j'étais là pour ça. Je pensais que Bigeard perdait les pédales (...). Bigeard essaya encore de tendre une perche au prisonnier :

- Et pourquoi ne pas travailler pour nous? Si tu te rapprochais de la France, tu ne crois pas que ça pourrait être utile à ton pays?

- Non, je ne crois pas.

- Et bien, tu penses ce que tu veux, mais moi je crois à une plus grande France, conclut Bigeard en haussant les épaules.

Ben M'Hidi ne souhaitant pas collaborer, Bigeard ne pouvait ignorer les conséquences de ce refus (...). Le 3 mars 1957, nous en avons longuement discuté avec Massu en présence de Trinquier. Nous sommes arrivés à la conclusion qu'un procès Ben M'Hidi n'était pas souhaitable. Il aurait entraîné des répercussions internationales.

- Alors qu'en pensez-vous? me demanda Massu.

- Je ne vois pas pourquoi Ben M'Hidi s'en tirerait mieux que les autres (...).

- Je suis entièrement d'accord avec vous, mais Ben M'Hidi ne passe pas inaperçu. On ne peut pas le faire disparaître comme ça.

- Pas question de le laisser à la PJ (...).S'il y a un procès et qu'il n'a rien avoué, il risque de s'en sortir et tout le FLN avec lui. Alors laissez-moi m'en occuper avant qu'il ne s'évade, ce qui nous pend au nez si nous continuons à hésiter.

- Eh bien, occupez vous-en, me dit Massu en soupirant. Faites pour le mieux. Je vous couvrirai. Je compris qu'il avait le feu vert du gouvernement.

C'est moi qui ai récupéré Ben M'Hidi la nuit suivante à El Biar. Bigeard (...) s'était arrangé pour s'absenter (...).

- Présentez, armes! A commandé Allaire au moment ou Ben M'Hidi, qu'on venait de réveiller est sorti du bâtiment (...).C'était l'hommage de Bigeard a celui qui était devenu son ami. Ce geste spectaculaire et quelque peu démagogique ne me facilitait pas la tâche. Je l'ai même trouvé très déplacé. C'est bien entendu à ce moment là que Ben M'Hidi a compris ce qui l'attendait. Je l'ai fait monter précipitamment dans le Dodge (...). Nous nous sommes arrêtés dans une ferme isolée qu'occupait le commando de mon régiment (...). Nous avons installé le prisonnier dans une pièce déjà prête. Un de mes hommes se tenait en faction à l'entrée.

Une fois dans la pièce, avec l'aide de mes gradés, nous avons empoigné Ben M'Hidi et nous l'avons pendu, d'une manière qui puisse laisser penser à un suicide. Quand j'ai été certain de sa mort, je l'ai tout de suite fait décrocher et transporter à l'hôpital (....). J'ai appelé aussitôt Massu au téléphone:

- Mon général, Ben M'Hidi vient de se suicider. Son corps est à l'hôpital. Je vous apporterai mon rapport demain matin.

Massu a poussé un grognement et a raccroché. Il savait bien que mon rapport était prêt depuis le début de l'après-midi, histoire de gagner un peu de temps. Ce rapport, le juge Bérard avait été le premier à le lire. Il décrivait dans les moindres détails le suicide qui se produirait la nuit suivante (...). "

www.humanite.fr/node/245747
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