Jijel 1956

Contribution : Jijel 1956. Souvenirs de jeunesse, évocation et hommage à deux martyrs   Par Zineddine Sekfali

A Jijel, vers le milieu de l’année 1956, alors que le printemps tirait à sa fin et que l’été naissant s’annonçait chaud, une bombe explosa peu avant midi, à l’angle de l’avenue Vivonne (aujourd’hui Emir-Abdelkader) et de la rue des Volontaires (aujourd’hui rue des Frères-Chekirine), plus précisément à l’endroit où se dresse un imposant immeuble à usage d’habitation, appelé immeuble Sammit, uniquement occupé par des Européens.

L’engin explosif avait été déposé au pied du mur du logement Ingrassia, situé au rez-de-chaussée de cet immeuble, du côté de la rue des Volontaires. Sur les trottoirs de l’espace délimité par le croisement de ces deux voies publiques, une petite bande de quatre à cinq enfants vifs et turbulents, âgés de cinq à huit ans, avaient pris l’habitude de jouer et de courir à l’ombre des grands platanes qui bordaient les deux côtés de l’avenue. Mais tout le monde savait en fait que sous les apparences idylliques d’une ville tranquille et sereine, Jijel vivait en réalité depuis plusieurs mois, comme partout ailleurs dans le pays, des tragédies terribles.

La guerre que les autorités et la presse françaises de l’époque s’entêtaient à appeler par litote soit «évènements» soit «opérations de pacification» ensanglantait les campagnes et les zones rurales environnantes et, après avoir largement pénétré les quartiers périphériques de la ville, s’infiltrait sporadiquement «intra-muros», au cœur même de la cité. Les rues grouillaient, en effet, de soldats armés et de policiers secondés par des éléments des Unités territoriales (UT) qui étaient composées de pieds-noirs. Les interpellations de «suspects» effectuées en pleine rue et les vérifications d’identité se succédaient sans relâche.

Les bouclages de quartiers entiers étaient fréquents, et les rafles aussi. Les Jijelliens, notamment ceux qui habitaient aux environs de l’avenue Vivonne et de part et d’autre de la route qui la prolonge et mène au quartier de «Madame Jeanne» ou «Bab Es-Sour», avaient bien remarqué que la circulation automobile sur l’avenue Vivonne, comme celle sur l’axe routier qui conduit vers les maquis et les lieux de combat, devenait chaque jour plus dense. Dans un flux presque ininterrompu, les véhicules militaires de tous types, spécialement les lourds camions Dodge de l’armée, passaient sur l’avenue Vivonne, transportant des soldats qui allaient en opération dans les zones rurales, ou qui en revenaient, suivis ou précédés d’ambulances. Sur cette même avenue, on voyait souvent circuler à bord d’une jeep militaire, pour ses tournées d’inspection routinières, le commissaire Bassetti parfois flanqué de son adjoint, l’inspecteur principal Abadie, tous deux ostensiblement armés de pistolets-mitrailleurs MAT et accompagnés d’un immense chien-loup, prêt à bondir hors du véhicule et à déchiqueter quiconque tenterait de les attaquer. 

Ces deux hommes habités par une profonde haine contre «les indigènes» et réputés pour leur excès de zèle répressif n’ont pu échapper à la mort sous les balles des fidayine, que grâce à la peur-panique que la seule vue de ce redoutable molosse suscitait auprès des gens. On doit remarquer ici que le siège du commissariat de police de Jijel, constamment gardé par des sentinelles armées de mitraillettes, se trouvait à peine à quelques dizaines de mètres de l’immeuble où l’explosion s’était produite.

Il était impossible pour tout «indigène» jeune ou vieux de s’approcher de ce commissariat, sans provoquer une réaction immédiate de méfiance de la part des vigiles qui y étaient postés en permanence. Puisque le commissaire Bassetti est nommément cité dans cette courte évocation, il importe de rappeler un autre fait qui s’est produit lui aussi à cette époque-là, mais qui est passé presque inaperçu. Moins tragique, ce fait est néanmoins significatif de l’ambiance générale qui régnait dans tout Jijel en 1956.

Ce fait s’était déroulé dans le secret des locaux du commissariat de police. En effet, le commissaire Bassetti et son adjoint y avaient convoqué une poignée de jeunes lycéens des classes terminales, qui avaient quitté leurs lycées, obéissant à l’ordre de grève des étudiants, lancé par le FLN en mai 1956.

Tout le monde sait que cette grève a été immédiatement étendue aux élèves des classes terminales des collèges et lycées. A Jijel, les parents de ces lycéens furent eux aussi sommés de se présenter au commissariat, en même temps que leurs enfants. De toute évidence, la police voulait entendre ces lycéens grévistes dire de vive voix comment cet ordre de grève leur était parvenu, quels étaient les objectifs de la grève, qui étaient les meneurs du mouvement, etc.

La police voulait aussi vérifier si ces lycéens adhéraient de leur propre gré à cette grève à caractère évidemment politique, ou s’ils avaient agi sous la contrainte ou par crainte de représailles. La police tenait enfin à s’assurer que chaque gréviste était conscient des conséquences graves qui pouvaient découler pour lui personnellement et pour les siens, du fait qu’il obéissait aux directives du FLN. Les parents, rangés debout derrière leurs enfants, ne furent pas épargnés. Certaines mises en garde, très lourdes de menaces, s’adressaient en vérité directement à eux. A la fin de son laïus agressif et culpabilisant, le commissaire fut subitement pris d’un violent accès de rage et laissa échapper de sa bouche ces mots durs et noirs : «Mais que croyez-vous, espèces de petits c… ? Nous aussi nous savons égorger !» La menace était on ne peut plus claire, et si on pouvait penser que les lycéens n’avaient pas sur le coup saisi le sens «subliminal», pourrait-on dire, des termes utilisés par le commissaire, les parents par contre avaient reçu le message 5/5. Ils en avaient immédiatement appréhendé le sens et instantanément pris conscience que leurs enfants étaient en danger de mort. Les visages décomposés par la peur, ils étaient manifestement dans un état de désarroi total.A leurs yeux, le commissaire de police Bassetti était l’incarnation même de la mort qui s’était approchée ce jour-là d’un peu plus près de leurs enfants. Cette «entrevue» dramatique a eu lieu vers la fin du mois de mai ou aux premiers jours du mois de juin 1956. A cet égard, il faut rappeler que les services de sécurité tant civils que militaires, opérant sur le territoire algérien, disposaient, déjà en ce temps-là, des pouvoirs les plus étendus, en vertu d’une importante batterie de textes à caractère législatif et réglementaire, pris par les autorités françaises à Paris. Parmi ces textes censés ramener la paix et la tranquillité publique en Algérie, il importe de citer deux lois : la loi de mars 1955 sur l’état d’urgence et celle d’avril 1956 sur les pouvoirs spéciaux. Armée et police étaient habilitées, en vertu de ces textes, à réprimer avec la plus extrême rigueur toute personne suspecte d’avoir commis, aidé à commettre ou tenté de commettre un acte considéré, du côté français, comme subversif ou anti-français. Les services répressifs avaient également reçu pour instruction d’être en tous lieux et toutes circonstances implacables envers quiconque manifesterait de l’empathie et a fortiori de la sympathie envers «les rebelles et la rébellion». Concrètement, la proclamation de l’état d’urgence et l’instauration des pouvoirs spéciaux avaient donné aux militaires et aux policiers le droit de commettre, en toute «légalité formelle», les pires illégalités qu’on puisse imaginer, telles par exemple que des arrestations et des incarcérations arbitraires, des enlèvements et des séquestrations, des sévices, des atrocités et des tortures, des exécutions extrajudiciaires et des recels de cadavres, des massacres collectifs et des meurtres et assassinats individuels, c’est-à-dire, en définitive, tous les crimes que l’on nommerait aujourd’hui crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Les Algériens soumis depuis plus d’un siècle à l’arbitraire inhérent au système colonial allaient, à partir de l’année 1956, subir une répression sanglante et sans limite, organisée et mise en œuvre par un système militaro-policier omnipotent et débridé. La bombe qui explosa avait provoqué par son souffle et l’impact des bouts de ferraille projetés dans tous les sens quelques dégâts matériels et blessé, sans gravité toutefois, deux à trois petits garçons qui jouaient non loin, ainsi qu’une fillette qui remontait la rue des Volontaires pour rentrer chez elle. Très vite, le quartier fut bouclé par la police et l’armée. Toute circulation y fut interdite. Les habitants s’étaient prudemment cloîtrés dans leurs demeures et plus personne ne se risquait à sortir de chez lui. On apprit plus tard que de nombreuses personnes avaient été rudement interpellées par des soldats ou des policiers, violemment maltraitées et plaquées contre les murs, fouillées puis transférées vers la caserne et les locaux où les services de répression procédaient aux interrogatoires «musclés» habituels, dont on sait qu’on n’en sortait généralement jamais indemne. On finit par savoir aussi que plusieurs maisons situées de part et d’autre de la rue des Volontaires avaient été perquisitionnées sans ménagement par des soldats et des policiers, agissant séparément ou conjointement, en dehors des formes légales les plus élémentaires en usage en matière de perquisitions domiciliaires. Toutes ces informations sur la situation circulaient entre voisins, d’une maison à l’autre. Après le choc provoqué par l’explosion, la fuite éperdue des passants qui s’ensuivit, puis le bouclage et le quadrillage du quartier par les parachutistes, un lourd silence s’installa sur cette partie de la ville, créant dans les quartiers «arabes de Jijel, une suffocante ambiance d’angoisse et d’inquiétude. C’est dans ces circonstances que le lendemain matin, une rumeur se répandit au sein de la population, selon laquelle deux jeunes gens du quartier, Kaddour Boumezrag et Nouredine Lazieb, avaient été arrêtés, transférés dans un centre de torture, puis sommairement exécutés par leurs bourreaux.Leur enterrement se déroula le jour suivant, en catimini, voire même, dirions-nous, clandestinement, au cimetière de Sidi M’hamed Amokrane, autour duquel les services de sécurité avaient au préalable déployé, dans une ambiance d’état de siège, un impressionnant dispositif militaire pour empêcher le public d’y assister. Dominant du haut d’une colline une partie de la ville, le cimetière de Jijel était situé dans le prolongement de la rue des Volontaires. Il se trouvait, par un hasard funeste, à moins d’une centaine de mètres des domiciles des familles endeuillées qui pleuraient les deux nouveaux chahids ! En vérité, de mémoire d’homme, on n’a jamais vu à Jijel d’obsèques aussi poignantes et bouleversantes. C’est bien plus tard que le nom de l’artificier qui a confectionné et mis au point la bombe fut connu. Cette bombe, artisale et rudimentaire, était composée d’un mélange de poudre explosive et de bouts de ferraille, comprimés dans une boîte en fer. On a en outre appris que l’engin devait être placé, afin de provoquer le plus de dégâts possible, sous les escaliers de l’entrée principale de l’immeuble Sammit, laquelle donne directement sur l’avenue Vivonne, face à une petite station d’essence gérée par un Algérien. Mais les deux poseurs de la bombe, qui n’étaient pas connus comme des artificiers aguerris, ont été surpris par un dysfonctionnement subitement survenu dans le système d’allumage de la bombe. Pour éviter que cet engin qui menaçait d’exploser entre leurs mains ne provoque un carnage parmi les enfants innocents qui, comme d’habitude jouaient ce jour-là dans la rue, ils s’en débarrassèrent en le posant précipitamment au pied du mur du domicile d’un pied noir d’origine italienne, menuisier ébéniste de son état et connu dans le quartier pour sa lourde moto à side-car, de type militaire. Il va de soi que la défaillance technique inopinée survenue dans la bombe ne saurait, pour les raisons brièvement évoquées ici, être imputée aux défunts Kaddour et Nouredine. Il est tout autant incontestable que cet incident indépendant de leur volonté ne diminue en rien ni l’audace ni le patriotisme dont ils avaient tous deux fait preuve ce jour-là. Mais qui étaient donc, dans la vie de tous les jours et dans ce quartier jusqu’alors sans histoire, ces deux poseurs de bombe ? Fils authentiques de Jijel, ils habitaient avec leurs parents dans leurs modestes maisons familiales respectives, situées l’une en face de l’autre, en haut de la rue des Volontaires. Quand Kaddour et Nouredine furent assassinés, ils sortaient à peine de l’adolescence et étaient en train de devenir de jeunes adultes. Ils étaient de la graine de ceux qui sont «amoureux de vivre à en mourir», pour reprendre un vers de Strophes pour se souvenir d’un poème d’Aragon, composé en 1955, en hommage aux Partisans fusillés par les Allemands en 1944, à Paris. En 1959, Léo Ferré fera de ce poème l’une de ses plus belles chansons.Kaddour et Nourdine étaient de jeunes gens tout à fait normaux, dirait-on aujourd’hui. En tout cas, ils étaient semblables à leurs camarades de quartier, qui avaient leur âge à une ou deux années près. Ils faisaient partie d’une petite bande de jeunes liés les uns aux autres par une solide amitié. Une amitié saine et sincère ! Nombreux et agréables étaient les moments de convivialité qu’ils ont partagés ensemble ! Inoubliables sont les souvenirs d’enfance et de jeunesse qu’ils ont en commun ! Enfants, l’un des jeux préférés de la bande était la course sur des «roulements à billes» qui les menait tantôt sur la route du «5e», tantôt sur celle de l’Oasis», du côté de l’usine de liège «Armstrong», ou encore sur celle de «l’aéroclub» ou du site naturel bordé par la mer et appelé «Rabta», où l’on pouvait voir en ce temps-là quelques vestiges d’un comptoir phénicien. Ces escapades effrénées étaient pour eux l’occasion à la fin des vendanges de grappiller dans les vignobles de la ferme Grisoni située à la sortie est de la ville, sur la route de Constantine, ou de ramasser les petites pastèques abandonnées après la récolte saisonnière, dans les champs de la ferme Piazza, située à la sortie ouest de la ville, sur la route de Béjaïa. Ce groupe de jeunes étaient par ailleurs fans des films western que les trois salles de cinéma de jadis – Variétés, le Rio et le Glacier dont deux pouvaient être converties en salles de théâtre ou en salles de concert — projetaient à tour de rôle... Ils jouaient entre eux aux cowboys et aux Indiens, organisaient des chevauchées épiques, mimaient des combats avec des révolvers en bois qu’ils bricolaient. Ils vivaient leur propre film imaginaire dans un Far West fantasmé, situé dans ce qu’on appelait «l’djebl», entre le petit Mausolée du cimetière de Sidi M’hamed Amokrane et les restes d’As-saa (horloge), ou plus exactement les vestiges d’une grande Tour-Vigie et Horloge, qui fut détruite lors d’un raid effectué durant la Seconde Guerre mondiale par la Luftwaffe contre les forces anglo-américaines positionnées à Jijel. Adolescents, ils organisaient avec les autres fous du football originaires d’autres quartiers des parties avec en guise de ballon une «deboukha» confectionnée à l’aide de vieux papiers froissés et compressés puis entourés de bandes de chiffons lacérés. Leurs parties de foot se déroulaient sur un grand terrain vague dit «Cinzanor» parce qu’il y avait là un gigantesque panneau publicitaire reproduisant le nom d’une boisson alcoolisée. En face de ce terrain de jeux se dressait, altière et sévère, l’école Madrassat El Hayat, une fondation culturelle qu’avaient créée des anciens de Jijel, fidèles disciples du cheikh Abdelhamid Ben Badis. Beaucoup de jeunes qui, comme eux, allaient jouer au foot à Cinzano ont fréquenté cette école pendant leur enfance. Le football, fut-il pratiqué avec des pelotes faites de papier journal et de chiffons, n’était pas considéré comme incompatible avec l’éducation et la culture. Cheikh Ben Badis n’était-il pas le fondateur du MOC, la plus célèbre équipe de foot de Constantine ? Jijel n’avait-elle pas, en ce temps-là, trois équipes de football : la JSD et l’USMD, la troisième étant le Sporting Club de Djidjelli, association sportive formée et dirigée par des pieds-noirs ! Rappelons que la ville de Jijel avait aussi une salle omnisports où les amateurs de boxe et de gymnastique pouvaient s’entraîner et s’adonner à leur sport favori. La ville avait son équipe de boxeurs, son équipe de natation et une autre de coureurs cyclistes qui se produisaient dans leur ville et participaient à des compétitions régionales… Les adolescents aimaient aussi aller ensemble en promenade à vélo le long de la côte ouest, jusqu’à l’incomparable plage d’Andreu et sa merveilleuse petite île, toutes deux situées à proximité d’El Aouana (Cavallo) ou bien jusqu’à la piste d’atterrissage réalisée durant la guerre par l’armée américaine à El Achouat, près de Taher. Ils louaient leurs vélos d’occasion chez le marchand et réparateur de cycles, dont l’atelier était installé rue des Volontaires. Ils payaient la location de ces vélos avec l’argent des étrennes que leurs parents et les autres membres de la famille leur donnaient à l’occasion de certaines fêtes religieuses, au cours desquelles les pères de famille, accompagnés de leurs enfants, rendaient traditionnellement visite aux proches pour leur présenter leurs vœux et leur souhaiter une bonne fête. Ces longues promenades à vélo donnaient lieu par intermittence à des courses-poursuites et à quelques pointes de sprint au cours desquelles chacun se prenait pour Fausto Coppi, Hugo Koblet ou Louison Bobet, ces mythiques champions cyclistes dont ils suivaient les exploits sur les tableaux d’affichage de l’incontournable kiosque de Da Messaoud ! Mais l’endroit que ces garçons aimaient le plus dans leur enfance, c’était «Al Bghidra», une sorte de petit bassin naturel situé en bord de mer, à mi-chemin entre le cimetière chrétien et la cité «Bon marché». C’était là qu’ils se rendaient, au grand dam de leurs parents, pour se baigner. C’était là qu’ils avaient tous appris à nager à force d’y barboter, sans le recours ni le secours d’aucun maître nageur mais en s’entraidant et en s’encourageant mutuellement ! Après le passage obligé par Al Bghidra, rite initiatique pour tout jeune apprenti-nageur, l’enfant, une fois son apprentissage achevé, pouvait accéder, aux côtés de ses aînés, aux lieux dits «les 4 coins», «les 400» et encore «es-slassel», un bout de plage éloigné et situé à l’extrémité de la grande plage du Casino. Tous se rendaient en groupe en ces endroits, très agréables au demeurant, plusieurs fois par semaine durant l’été, et s’y baignaient en toute liberté et quiétude. En ce temps-là, il faut s’en souvenir, l’accès de la belle et grande plage du Casino (aujourd’hui plage des Kotamas) était réservé aux Européens qui y avaient dressé des barrières faites de fils barbelés, pour se prémunir de toute promiscuité avec les indigènes. Ces barrières étaient la preuve flagrante du caractère foncièrement raciste et discriminatoire du système colonial, qui ne parlait d’égalité, d’intégration ou d’assimilation, que lorsqu’il était acculé dans ses derniers retranchements, par la montée en puissance des revendications nationalistes et par la recrudescence des actions patriotiques. Au lecteur que ces rappels de souvenirs empreints de nostalgie pourraient de prime abord laisser croire que la jeunesse d’alors était insouciante et ignorante de la situation dramatique dans laquelle la population se débattait, disons-le tout net : la vérité était tout autre ! La jeunesse n’était ni déconnectée de la réalité, ni inconsciente de la gravité des évènements qui se déroulaient dans le pays, ni ignorante des drames et des tragédies qui déchiraient son peuple, et moins encore insensible aux malheurs qui accablaient les plus humbles. On ne saurait terminer cette évocation et cet hommage, sans souligner une fois encore le patriotisme et le courage dont ont fait preuve les deux martyrs Kaddour Boumezrag et Nouredine Lazieb. Avant le jour fatidique où la guerre les a subitement happés et où la mort les a brutalement et cruellement ravis à l’affection des leurs, nul ne pouvait deviner qu’ils allaient inscrire leurs noms dans la longue histoire de la résistance du peuple algérien au colonialisme et les graver pour toujours sur la liste des chouhada de la glorieuse lutte de Libération nationale. La réalité et la vérité d’un peuple se manifestent le plus souvent dans ses individus les plus humbles, ou pour reprendre la belle expression d’un écrivain français, elles se retrouvent chez «les petits, les obscurs, les sans-grades». Telle fut la courte vie de Kaddour et de Nouredine. Tel a été leur destin. Il y a plus de 60 ans, leurs «âmes apaisées ont rejoint leur Créateur, satisfaites et agréées, et sont entrées avec Ses autres serviteurs dans Son Paradis» (Coran, Sourate El Fadjr-traduction). Il appartient à ceux qui les ont connus de mettre leur souvenir à l’abri de l’oubli et leur mémoire hors de portée des outrages de l’écume du temps.Z. S.

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