Heurts meurtriers au Caire avant un match de football

1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 Rating 0.00 (0 Votes)

Vote utilisateur: 0 / 5

Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
 

 

Au moins 22 personnes ont été tuées dimanche soir au Caire lors de heurts entre la police égyptienne et des supporteurs de foot avant la première rencontre du championnat égyptien. Ces derniers auraient tenté de forcer l’entrée du stade.

Au moins 22 personnes sont mortes dimanche 8 février, selon le parquet, au Caire lors d'affrontements entre les forces de l'ordre et des supporteurs de football à qui la police  interdisait l'accès au stade dans lequel se déroulait un match de championnat entre deux clubs de la capitale.

Les heurts qui, selon un bilan officiel, ont également fait plus de 25 blessés, ont éclaté devant un stade du nord-est du Caire. Les autorités ont accusé des supporteurs du club de football de Zamalek d'avoir cherché à entrer de force dans l'enceinte du stade pour assister à la première rencontre du championnat de première division ouverte au public depuis 2012.

"Un grand nombre de supporters de Zamalek sont venus au stade pour assister au match et ils ont tenté de franchir les grilles par la force. Les forces de sécurité ont dû les empêcher de continuer à s'en prendre aux installations du stade", indique un communiqué du ministère de l'Intérieur.

Sonia Dridi, la correspondante de France 24 en Égypte, évoque des tirs de la police en direction des supporteurs.

La rencontre programmée contre le club d'Enbi se déroulait devant du public, et non à huis clos comme cela a été le cas pour la plupart des matches en Egypte depuis les émeutes qui avaient fait 70 morts à l'occasion d'un match à Port Saïd, il y a trois ans.

Le nombre de supporteurs autorisés à entrer dans le stade dimanche était limité à 10 000, mais "la foule à l'extérieur a rapidement dépassé ce chiffre et a tenté de prendre d'assaut les portes du stade et d'escalader les murs", a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes pour les disperser, et les supporteurs ont tiré des feux d'artifices, selon la police et des témoins.

Malgré la gravité de la situation, la rencontre a eu lieu, ce qui a renforcé la colère des supporteurs. Pour avoir refusé de jouer, le défenseur de l'équipe de Zamalek Omar Gaber a été temporairement suspendu par son club.

"'La police tue les jeunes"

À l'extérieur de la morgue au Caire les proches des victimes se sont rassemblés pour tenter d'identifier un membre de leur famille.

"Les jeunes sont censés construire ce pays, et la police les tue," criait un homme, tandis que d'autres proches en sont venus aux mains avec les gardiens de la morgue qui bloquaient l'accès.

Des responsables ont par la suite placé des ordinateurs à l'extérieur de la morgue, faisant défiler des photos des victimes pour permettre leur identification par les familles.

Le procureur général a ordonné l'ouverture d'une enquête, selon un communiqué du parquet, d'après lequel les supporteurs ont bloqué une route menant au stade et incendié trois voitures de police.

Avec AFP et Reuters. france24