Dans la même catégorie
UN REGARD SUR JIJEL


Non. Ce n’est pas tant que, subitement, nous soyons sous l’emprise de la nostalgie du passé. Ce sentiment qui, toujours à propos, vient nous conforter du souvenir de ce qu’était jadis la ville de Jijel. Aussi bien, s’agissant du cas des autres agglomérations de la région. Si nous ressentons, de plus en plus souvent, ce besoin de nous plonger dans des réminiscences, faisant ressurgir le passé afin d’y déambuler par la pensée dans ses méandres, c’est plutôt en raison de ces blessures, générées par ce que nous apercevons quotidiennement, dont sont atteints nos yeux, chaque fois que nous promenons notre regard sur la ville. Ces images perçues, que nous estimons agressives et presque immorales, de ce qu’y sont devenues les choses aujourd’hui. Ceci, en comparaison de ce que tous ses natifs avaient connus de ces moments, relativement agréables, vécus par le passé.
Par Antar Lamine
Voila pourquoi, devant le spectacle de cette médiocre et si pitoyable évidence, estimée si gênante et dont nous refusons, malgré nous, les manifestations intempestives, nous nous trouvons de fait, irrémédiablement envahis du souvenir de ce passé, considéré si prestigieux en comparaison. Les vagues de son souvenir nous engloutissent alors et, comme dans un tourbillon, nous emportent loin, par la force de leur courant, vers les rivages d’un temps lointain, que nous avons connus autrement plus radieux et si serein.
Déambuler par les temps qui courent dans les rues de Jijel, est devenu une pratique harassante et, Ô combien démoralisante. Du moins pour ce que nous ressentons, nous les anciens. Qui estimons connaître ce qu’est une ville et de quelle manière doit-on y vivre ; dans l’ordre et le calme. Non dans une totale anarchie et dans un tohu-bohu indescriptible. Par ailleurs, nous sommes tous conscients qu’une ville à besoin de se développer, sous la poussée démographique, induisant de nouveaux besoins et des nécessités incontournables. Mais ce que nous aurions souhaités pour le moins, c’est qu’alors les choses se fassent dans une certaine harmonie. Non pas à travers des manières marquées par la brutalité et l’ignorance de tout.
Des manières exprimées d’où il nous semble entendre chacun dire : «Pousses-toi que je m’y mette et laissez moi faire». Le résultat de toute cette politique de développement «à la hussarde» étant ce à quoi nous assistons d’aussi désagréable et que nous horripilons autant. Les choses faites au petit bonheur la chance, sans études préalables à long terme. Tout le monde semblant pressé, poussé par on ne sait quelle force, par quelle genre de frénésie, mais surtout par quelles motivations. Le tout de cet empressement, indiquant comme un retard, acquis par certains, sur la vie et sur la marche du temps de la société moderne. Que tous voudraient rattraper, quel qu’en soit le prix. Un résultat moral des plus désolant, dont le travail mal fait demeure surtout irréversible.
Tenter d’expliquer tous ces phénomènes n’est pas un exercice ardu, tant il est d’une facilité déconcertante, presque douloureuse. La ville a héritée de nouveaux citadins. Du moins de cette catégorie de gens si peu désireux de le devenir. Car, c’est en arpentant les rues de la ville effectivement, que nous constatons ce phénomène marquant qu’est le Souk. Le Souk est la notion ancestrale d’une pratique régionale commerciale, qui veut que toute marchandise doive être déballée à terre et bien mise en évidence. Bien qu’aujourd’hui, tous bénéficient d’un local commercial. C’est à Jijel, et presque seulement dans cette ville, que nous voyons le plus de marchandise étalée sur les trottoirs, les encombrant ainsi. Contrairement à d’autres villes proches, dans lesquelles nous nous rendons souvent.
Pendant longtemps, nous nous sommes demandés : «Mais où sont donc passées les autorités ?». Avant de réaliser et de comprendre, une bonne fois pour toute, que tous les services de cette administration où niche cette autorité, sont également hantés par «ces nouveaux citadins». Pour lesquels cet état de fait est une chose somme toute assez ordinaire, et que dans leur esprit, aussi bien que dans leur imagination en panne, tout se déroule dans l’ordre. Car c’est précisément là l’idée que ces gens se font de la ville. Autrement dit : c’est la transposition de la dechra en «diss» vers une autre, beaucoup plus spacieuse celle-ci. Enluminée jour et nuit, aux routes rectilignes et sans grandes ornières, longées de bâtisses en dur, si jolies à voir, mais surtout peintes de couleurs ravissantes…

Commentaires
I am really impressed by your posting. It is very much authentic 000-J01 and useful information. keep up the good work. we need more 000-M13 good statements. i have bookmarked your site for future reference. I really appreciate your way of presenting such a excellent 000-M22 suggestion. I want more in to it and will come back often to see more updates 000-P01 in future as well so keep it up. Thanks
BRAVO si Antar!
un brin nostalgique mais réaliste et jaloux de ta ville, voilà ce que tu es. Si seulement tous ceux qui habitent cette belle ville jadis faisaient en sorte qu'elle soit moins polluée tant au regard qu'a l'odorat, ça serait une belle victoire sur la laideur ambiante. Demander a voir des fleurs partout ou notre regard se pose n'est surement pas pour demain, mais faisable si tout le monde se met à y croire dès maintenant, mais.....
jalousement
Said
Poster un nouveau commentaire