Le cyclone épargne Tahiti mais frappe les Iles Sous-le-Vent

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«Oli» a fait quelques blessés légers en Polynésie, où 3400 personnes ont dû être évacuées, avant de continuer sa progression mais vers des zones moins peuplées.
La Polynésie française compte 121 îles au total dont 76 habitées.

Après son passage au large de Tahiti le cyclone Oli poursuivait sa progression jeudi vers le sud de l’archipel polynésien, gagnant en puissance tout en s’éloignant des zones les plus peuplées.

A l’approche de l’archipel des Australes (sud), à son tour placé en alerte rouge, «le cyclone a encore pris de la puissance», a déclaré Magali Charbonneau, directrice de cabinet du Haut-commissaire de la République, jointe par l’AFP vers 7h30 en heure locale (18h30 à Paris).

Elle a précisé que la dépression devait atteindre l’île de Rurutu vers 20 heures (vendredi 7 heures à Paris) et passer peu après sur Tubuai, où des rafales de vent de 260 km/h étaient attendues.

L’alerte rouge, impliquant une interdiction de circuler après mise à l’abri des populations, avait déjà été déclenchée dans la nuit à Moorea et Tahiti, où 3400 personnes exposées au risque de montée des eaux (zone côtière, embouchures des rivières) ont été évacuées dans des bâtiments en dur en zone non inondable.

280 maisons détruites

Après la nuit, Tahiti, où vivent 70% des 260.000 Polynésiens, semblait toutefois globalement épargnée par le cyclone, dont la trajectoire s’est infléchie, passant plus à l’ouest que prévu.

Si la houle devait rester très forte toute la journée, avec des creux de six mètres, les dégâts apparaissaient limités sur l’île, selon un correspondant de l’AFP. Seules quelques inondations, quelques toits arrachés et des routes coupées ont été dénombrés.

Le bilan est plus lourd aux Iles Sous-le-Vent, le premier archipel touché, à l’extrême ouest, où «plus de 280 maisons ont été détruites, abîmées ou inondées, et une détruite par un incendie électrique», selon Magali Charbonneau.

Dans cette zone frappée mercredi, on recensait six blessés légers à Raiatea, deux à Maupiti, et un grave à Bora Bora, un homme tombé de son toit sur le dos.

A Bora Bora, poumon touristique du territoire, près de 700 vacanciers sur le départ se sont retrouvés immobilisés dans leurs hôtels en raison de la fermeture de l’aéroport, a dit la municipalité. Tous les avions étaient cloués au sol dans le territoire au moins jusqu’à jeudi soir.

A Raiatea, l’île la plus peuplée de l’archipel des Iles Sous le Vent, «des pontons ont été détruits, un autre a coulé, des poteaux électriques ont aussi été arrachés et nous n’avons plus d’électricité», a déclaré à l’AFP Dominique Goche, adjoint au maire.

Electricité coupée

Tous les établissements scolaires de l’ouest de la Polynésie ont été fermés et la population a dû abandonner les habitations en tôles ou en matières végétales, pour gagner les bâtiments en béton: mairies, écoles ou églises.

La ministre de l’Outre-mer, Marie-Luce Penchard, en visite à Papeete depuis dimanche, a indiqué à l’AFP par téléphone qu’elle modifiait complètement son programme. «Les avions ne décollent plus, je partirai au plus tôt vendredi matin», a-t-elle dit depuis le PC de crise du Haut-Commissariat.

Sur les îles de Bora Bora, Raiatea, Maupiti, Tahaa et Huahine, la plupart des habitants n’ont plus l’électricité, plusieurs habitations ont été détruites et de nombreux quartiers sont inondés.

L’armée a tenté d’évacuer plusieurs îles, mais s’est dans certains cas heurtée au refus des habitants, notamment des «copraculteurs», qui extraient l’huile des noix de coco sur les îles plates de l’extrême ouest.

www.liberation.f

AFP

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